Dans son travail, centré sur la peinture figurative, Maxime Lavie mobilise un lexique visuel très varié principalement constitué de personnages tirés de leur réel, de scènes trompeusement réalistes – qui convoquent une part de mystère – d’architectures urbaines, de paysages énigmatiques, de regards plus profonds, contemplatifs, d’une présence animalière déroutante, et parfois même de quelques objets volants non-identifiés. C’est une œuvre qui, au-delà de l’énergie qu’elle expose, renvoie aux notions de contemplation solitaire, de bonheur mélancolique, de désorientation temporelle laissant une impression de déréalisation légère, entre conscience et rêverie, comme une mise à distance du “chaos des choses et des hommes” comme l’écrit Michel Serres. Une œuvre qui propose, par ailleurs, une grammaire picturale qui s’enrichit d’une série à l’autre, avec ses contours mêlés, ses accents esquissés, ses réserves, ses superpositions de fines couches et de glacis prononcés, sa palette complexe et vive, tout en préservant un langage plastique constant qui rend hommage tant à l’exaltation, la spiritualité et l’imaginaire des peintres Romantiques, aux “beaux traits” des dessinateurs des années 70-80, qu’à une radicalité politique contemporaine issue de la Figuration narrative de 1968!
